L'eau de consommation devrait coûter plus chère

Une redevance de 5 $ à 9 $ le mètre cube devrait permettre de réduire de 20 % l’utilisation de l’eau.

Selon la Table ronde nationale sur l’environnement et l’économie (TRNEE), les gouvernements devraient utiliser des « instruments économiques » de base, comme la tarification de l’eau ou la délivrance de permis échangeables d’utilisation, afin de réduire la consommation de cette ressource.

De plus, selon la TRNEE, ces mesures devraient s’appliquer en priorité au secteur des « ressources naturelles ». Plus précisément, la Table nationale estime que les gouvernements devraient tarifer les utilisateurs à des prix se situant entre 5 et 9 $ du mètre cube. Selon la Table nationale, une telle redevance devrait permettre de réduire de 20 % l’utilisation de cette ressource.

Le Québec a institué au début de l’année une redevance de 7 $ du mètre cube aux entreprises qui utilisent de l’eau dans leurs produits, comme les jus, ce qui rejoint les recommandations de la TRNEE. Par contre, Québec évite la principale recommandation de l’organisme fédéral, car il exempte l’ensemble du secteur agricole, le principal utilisateur d’eau dans la province, qui la rejette souvent contaminée par des engrais et pesticides. De plus, la réglementation québécoise n’impose pas de redevance aux acteurs économiques régis par le ministère des Ressources naturelles, soit les producteurs d’électricité au moyen de barrages, le nucléaire — Gentilly consomme annuellement 820 millions de mètres cubes pour refroidir ses équipements — et l’industrie minière, qui accapare et contamine aussi des quantités importantes d’eau.

Pour la TRNEE, les gouvernements doivent aussi tirer un meilleur profit des mécanismes économiques pour réduire la consommation d’eau. La mise en place de permis échangeables aux utilisateurs d’eau permettrait de plafonner les ponctions sur les nappes souterraines, notamment: les plus économes pourraient ainsi être récompensés en vendant leurs permis inutilisés à d’autres utilisateurs. De plus, indique la TRNEE, il faudrait valoriser les initiatives des sociétés ou industries qui font des efforts particuliers dans ce domaine.

Une meilleure information

Toutefois, il faudrait en priorité obtenir de ces entreprises, souligne l’organisme fédéral, des données et de l’information de meilleure qualité que celles dont disposent les gouvernements à l’heure actuelle.

De plus, ajoute la TRNEE, les gouvernements devraient investir davantage dans la connaissance des ressources en eau et publier avec régularité au moins tous les deux ans un état de la ressource basé sur la science.

Au Québec, la redevance sur l’eau doit, en principe, rapporter environ 8 millions par année à Québec, ce que le milieu environnemental a qualifié d’insuffisant pour limiter la consommation et financer les connaissances sur l’état de l’eau, surtout celle relative aux nappes souterraines. De plus, Québec n’oblige pas les embouteilleurs à publier leurs données sur l’état des réserves souterraines et sur la qualité des eaux qu’ils extraient. Enfin, Québec a reporté à 2017 plutôt qu’à 2012 l’atteinte de l’objectif qu’il s’était donné de réduire de 20 % la consommation d’eau par personne dans la province et d’imposer une norme qui limiterait les fuites d’eau dans les aqueducs municipaux.

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